Adopter un comportement environnemental peut parfois sembler compliqué. Certaines problématiques environnementales se solutionnent par des comportements qui relèvent du gros bon sens, comme prendre son vélo au lieu de sa voiture pour venir à Polytechnique. D’autres habitudes de vie nécessitent cependant une analyse plus poussée pour déterminer la solution environnementale la plus avantageuse, ou plutôt, la moins désavantageuse. Presque tous nos comportements ont une influence négative ou sinon neutre sur notre milieu et, par ces analyses, nous pouvons faire un choix éclairé. Le comportement discuté ici est : le sac à emplette.

Recyc-Québec a publié récemment une étude sur les sacs d’emplettes et leur impact sur l’environnement. Ils comparent dans cette étude quatre différentes avenues soit : les sacs en plastique, les sacs bio-dégradable, les sacs en papier, et les sacs en coton. Le document compare toutes ces avenues avec des facteurs environnementaux, sociaux et économiques.

L’ouvrage fait entre autres ressortir que le sac en papier est la plus nuisible de toutes les possibilités. Considéré par la population en générale, et par moi-même, comme étant moins nocif pour l’environnement que le sac en plastique, il produit en fait plus de pollution à la production et à l’enfouissement que tout autre sac. Le sac en papier n’est donc pas du tout à privilégier.

On découvre aussi que le sac en plastique nécessite 15 secondes pour sa production, qu’il est utilisé 20 minutes en moyenne et qu’il prendra 400 ans pour se décomposer. Son principal défaut est sa principale qualité : la durabilité. Ce n’est pas un problème d’enfouissement étant donné qu’ils prennent peu de place dans nos dépotoirs et qu’ils sont inertes mais bien un problème de volatilité. En plus d’être responsable d’une pollution visuelle des plus déplaisantes, une étude canadienne estime qu’environ 100 000 animaux marins et ailés meurent chaque année de causes directement liées au sac en plastique. C’est pourquoi des pays côtiers comme l’Australie, l’Irlande, le Japon, l’Inde le Bangladesh et Taiwan font des campagnes nationales pour diminuer son utilisation soit par la sensibilisation ou par la taxation en allant même jusqu’au bannissement total.

L’étude rapporte aussi que le recyclage des sacs en plastique est très peu efficace parce qu’ils sont généralement contaminés (la petite facture qu’on oublie d’enlever) et parce que le produit recyclé ne vaut rien sur le marché. La bonne habitude de récupérer ses sacs en plastique n’est finalement pas la solution miracle. La bonne conscience du récupérateur assidu en prend un coup.

Enfin, l’étude recommande d’utiliser un sac réutilisable, en coton ou en polyéthylène par exemple, pour nos emplettes. Ces sacs dépassent amplement tous les autres sacs pour ce qui est du bilan environnemental lorsqu’ils sont utilisés plus de 5 fois. Finalement, la réduction à la source s’avère être encore le meilleur moyen d’améliorer son pointage vert.

Je vous invite donc fortement à changer vos habitudes en apportant vos propres sacs en tissu pour faire vos emplettes. Pour avoir plus de classe, procurez-vous celui du Polysphère, en vente à Coopoly pour 5$. Vous pourrez en plus bénéficier d’un rabais dans les supermarchés.

Dans l’étude complète de Recyc-Québec, vous trouverez un résumé d’une analyse de cycle de vie française et des détails sur les sacs biodégradables.

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alexandre.courchesne@polymtl.ca